Textes des méditations

Textes des  méditations 

16 Novembre 2018:

Pour lever le voile,

      Dans le soufisme la notion de Nefs est très proche de la notion  d’Ego et de la motion hindoue de Maya,  l’illusion.  Tout comme un illusionniste fait, en toute apparence, disparaître un objet, de même Le voile est  ce qui occulte la vérité, l’Ego soustrait  à  notre regard notre véritable nature.
     Comment se fait-il que nous soyons si aveugles face à notre Ego, que notre nature divine nous soit si bien voilée ? 
    Notre  erreur  ne vient-elle pas de penser qu’il nous arrive de tantôt voir clair et  tantôt être mystifié.. Arnaud  Desjardins disait à propos du « Oui à ce qui Est » , la formule Magistrale de l’enseignement de Swami Prajnanpad :  «  vous pensez que vous dites tantôt OUI tantôt NON , disons 50% de OUI et 50% de NON eh bien Non, la Vérité c’est que vous êtes 100% de NON. Nous sommes 100% aveuglés  par notre mental, notre pensée et nous cherchons à nous délivrer du mental avec notre même mental.  Il existe un jeu pour enfants, qui consiste à trouver dans un petit dessin Où est l’intrus ?  par exemple dans un dessin où il n’y a que des poissons, on va trouver un oiseau. De la même manière nous cherchons l’Ego, la pensée « Je », l’intrus, mais avec notre même pensée « Je »comme si dans le dessin le poisson cherchait lui même le poisson et il est évident  que nous ne pouvons le trouver ainsi. Arnaud  disait une autre fois, Il est une manière de chercher la Vérité qui fait que vous ne la trouverez jamais.
   La méditation est l’un des outils des plus efficaces pour repérer combien nous sommes accaparés par nous même, obsédés de nous-même tout en criant très fort que nous voulons nous libérer de notre MOI je, nous quitter nous-même, c’est pourtant bien l’objectif.
    Simplement assis il suffit de regarder très attentivement, sans juger, sans interférer, comment l’illusionniste , notre adversaire,  nous trompe d’instant en instant , sans cesse. Sans cesse nous nous en référons à nous même, sans cesse nous nous recréons cette identité illusoire.  Voir comment se crée cette illusion, c’est l’amener à perdre peu à peu son pouvoir magique, pour nous ouvrir les yeux et faire tomber le voile.

 

8 Novembre 2018

La Méditation
Pour donner sa place à notre « hôte » intérieur.
Notre vie débordante, pleine d’activités, pleine de nos défis personnels, professionnels ,affectifs,
que ce soit chez nous, dans notre famille ou bien à l’extérieur nous fait oublier que nous ne
sommes pas seuls dans cette incarnation. Que nous en ayons conscience ou non, nous sommes
deux à profiter de notre vie, de notre incarnation. Pour un bon nombre d’entre nous l’essentiel
c’est ce qui concerne notre vie extérieure, celle que nous vivons depuis notre réveil du matin
jusqu’à notre coucher. En réalité, nous ne considérons pour ainsi dire qu’à cela. Ce n’est pas une
faute, c’est juste une erreur. Cela nous montre, l’importance que nous donnons à nos sens
extérieurs, que ce soit , La vue, le premier de nos sens, l’odorat, l’ouïe etc…
Nous sommes si fascinés par cette vie extérieure que nous en venons à ignorer, consciemment
ou inconsciemment notre « hôte », notre vie intérieure. Certains même se demandent si cette vie
intérieure existe vraiment. Pourtant, oui, cette vie existe bel et bien.
Pourquoi ne lui donnons nous pas sa place ? C’est que nous ne savons souvent pas comment
communiquer avec elle et c’est vrai qu’elle possède un mode de communication tout autre. Elle a
une toute autre façon de se faire connaitre , elle ne communique pas avec nos outils habituels. Sa
parole est silence, ce silence qui peut nous faire peur. Pourtant il suffit de regarder, sans voix, un
magnifique lever ou coucher de soleil ressentant au plus profond de notre être que rien ne peut
exprimer ce que nous ressentons si ce n’est le silence. Assister à la naissance d’un bébé,
rencontrer l’homme ou la femme de sa vie , c’est là dans ce silence qu’apparaît notre vie
intérieure. Non seulement elle est faite de silence, mais encore elle ne fait aucun mouvement nous
faisant pourtant connaitre tout un monde d’immensité.
Plus nous oublions cette vie dans notre vie, plus nous ne lui donnons pas sa place, plus sa
demande silencieuse de vivre se faire ressentir. Le manque va s’exprimer de nombreuses
manières dont la plus évidente , la plus caractéristique va être de ressentir que la vie n’a pas de
sens. De ce manque de sens va découler peu à peu, la dépression . Cette perte de sens est
probablement la cause première de souffrance et donc de violence de la jeunesse actuelle.
Jusqu’à nos jours, la prise en compte de nos nécessites vitales de nourriture et de sécurité
faisait l’essentiel de la préoccupation des hommes . Ces nécessités vitales étant en bonne partie
couvertes dans notre monde occidental , la perte de sens devient soudain béante et source
majeure de souffrance.
Il ne s’agit pas de s’arrêter de vivre notre vie, ll s’agit simplement de tenir compte de notre vie
intérieure, de nous adonner à sa légitime demande, prendre quelques minutes chaque jour pour
regarder notre vie, pour vivre sans penser, sans interpréter, juste là, juste ici, juste maintenant. Elle
nous attend silencieusement à chaque instant. Puissions nous la découvrir toujours plus et
l’honorer.

 

 

29 Octobre 2018

La Méditation,

Pour  tenter de sortir de notre « territoire »

 L’Etre humain, est encore très attaché à son  territoire. De même que les animaux savent « marquer » leur territoire indiquant que c’est « Chez eux  » et que les autres n’y sont pas les bienvenus, les hommes savent à leur manière faire savoir Ce qui est leur « chez eux », que ce soit la plaque sur la porte, les barrières, si ne se sont pas les murs, qui entourent Leur propriété.

      Nous reconnaissons difficilement combien ce sens du territoire et donc de la propriété a deux aspects que notre méditation pourrait nous amener à regarder avec bienveillance mais lucidité.

Regarder jusqu’où va notre besoin de protection, de frontières, pourquoi avons nous besoin de nous y retrancher ? . Lee Lozowick disait du mental qu’il nous servait de bouclier et d’armure nous mettant à l’abri ;  on peut aussi remarquer que plus nous nous mettons a l’abri, plus nous sommes enfermés. Plus épaisse est la carapace, plus épaisse notre séparation du vivant .

      Séparés aussi bien physiquement que mentalement.

    Au delà du territoire physique il y a  le territoire de notre pensée, celle qui nous fait dire « Je »  » Moi », notre « chez moi »  le plus intime. Celui que nous chérissons de toutes nos forces, celui pour lequel  nous sommes prêts à nous entre déchirer en famille, en couple, entre amis. Notre chez moi ressemble en fait  à une cage  dorée dans laquelle nous nous pensons et nous nous croyons exister ? Les barreaux sont nos préjugés, nos croyances apprises, nos opinions qui nous mènent à tant d’incompréhensions sur les autres, les races, les religions ; des pans entiers de « notre territoire » pourraient ainsi se voir désencombré, ouverts.

     Pouvons nous nous affranchir de notre prison de telle sorte que nous puissions Voir l’incessante nouveauté  du monde et de l’existence, voir avec des yeux neufs et avec  » la fraîcheur de l’instant »  comme le dit si bien Betty.

   

Méditation. Pour se souvenir, pour ne pas oublier.

   Que ce soit dans la Chrétienté, l’Islam ou la tradition Hébraïque, y compris bien-sûr les traditions orientales, tous parlent du souvenir, le mot Zikr en Hébreu comme en arabe évoque le souvenir. Se souvenir, c’est ne pas oublier. En l’occurrence, la méditation est la porte du souvenir. Encore faut-il savoir ce qu’il ne faut pas oublier, ce dont nous devons nous souvenir.

     Dans la méditation il ne s’agit pas de se souvenir de quelque chose, il ne s’agit pas de de la mémoire habituelle, il s’agit de retrouver sa propre origine. Il s’agit de se retrouver nu devant soi-même. Nous savons bien que nous ne sommes pas que ceci ou que cela, que nous ne pouvons nous réduire à notre nom,à notre sexe, à notre profession,à notre religion… Quelque part nous sommes toujours plus que tous nos attributs, quels qu’ils soient. Nous sommes l’existence elle même qui est au delà de tous ses attributs.

    De nos jours, une large majorité d’hommes et de femmes ont oublié qu’ils ou elles sont beaucoup plus que tout ce qui peut se dire ou s’exprimer à leur propos. Chacun vit dans son monde, en quelque sorte  confiné par ses propres conditionnements tout en se croyant libre de penser à sa façon. Il y a bien dans chacun d’entre nous, cette certitude qui dépasse toute compréhension intellectuelle qu’il ou elle est si merveilleusement unique tout en partageant avec toute l’humanité le même sentiment d’Etre. L’avoir perdu ne signifie pas que nous l’avons définitivement oublié. Ce souvenir est là enfoui en nous-même, comme un trésor caché.

   Il arrive souvent qu’à la vue d’un authentique instructeur spirituel quelque chose en nous se met en résonance et reconnaît en lui-même ce trésor caché. Il se fait une reconnection, le cœur de l’homme se souvient.

   Ainsi par la méditation régulière, ce qui est à la surface de notre existence, le monde matériel et même le monde psychologique, se mettent en veille et naturellement ce qui est le plus profond se révèle. Comme un cri du coeur,  » Mais Oui c’est ça »

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   Si quelque chose en vous résonne à propos de cette profondeur que nous sommes tous, il est vital de faire la rencontre avec un être que ce soit un homme ou une femme qui a authentiquement retrouvé sa véritable nature. Yvan Amar disait à propos de sa propre redécouverte, qu’il était devenu « conducteur », comme un fil électrique. C’est aussi pourquoi Arnaud Desjardins disait et écrivait aussi : » Vous avez besoin d’un maître vivant « . Cet homme ou cette femme n’a rien de plus que chacun d’entre nous, simplement il est conducteur de ce secret si bien gardé qu’il ne peut que tenter de faire partager.

   Madame Nur Artiran transmet a son tour ce qui lui a été transmis, elle vient pour nous rappeler ce que nous sommes. Elle ne possède rien que vous ne possédiez déjà, elle vous rappelle à vous même votre propre éternité. Venez, venez, qui que vous soyez… (Rumi)